Ce que les DRH disent des jeunes au travail...
La génération de l'an 2000 a grandit avec la mutation culturelle du travail. Elle baigne déjà dans les nouvelles technologies et vit avec l'internationalisation des entreprises. Elle a aussi suivi les exemples des générations précédentes touchées par les crises économiques. Mieux informés que leurs aînés, les jeunes diplômés ont aussi su construire leurs réseaux et sont sensibles à l'image externe de leurs futurs employeurs. Ces derniers deviennent de plus en plus attentifs aux modes de représentations de leurs jeunes salariés. Selon les secteurs d'activité, les entreprises recrutent chaque années un nombre important de jeunes, des embauches qui représentent même pour certaines d'entre elles, comme Unilog, jusqu'à 80% des arrivées. Or quelques-uns peinent à fidéliser leurs jeunes diplômés : mauvaise intégration, image vieillissante, manque de vision sur l'avenir, marge de progression réduite, manque d'écoute, etc...Les entreprises vont donc redoubler de vigilance pour éviter une recrudescence du turnover. Une des solutions consiste à porter la plus grande attention aux attentes des jeunes pour mieux les séduire. Qui sont-ils? Qu'attendent-ils de l'entreprise? Sont-ils aussi volages que la situation tend à le laisser paraître? Car les attirer ne suffit plus, encore faut-il savoir aussi, les garder.
LA PERCEPTION DES DRH
Les jeunes embauchés développent un nouveau rapport à l'entreprise, voire deviennent des "consommateurs du social". La SNCF, pour mieux connaître ses jeunes cadres, s'appuie sur un certain nombre de travaux sociologiques et engage quantité d'études et de réflexions sur les nouveaux embauchés et le management dans le groupe. Mieux les connaître, pour composer avec leurs attentes ou anticiper leur réactions, constitue une des priorités des entreprises. Les acteurs de la RH ont développé leur propre regard sur cette population somme toute assez différente de la leur. Un regard sans complaisance, lucide, agacé parfois.
Une relation contractuelle avec l'entreprise
"Convaincu que le monde de l'entreprise ne pensera pas à lui, un jeune préférera se tourner vers sa satisfaction personnelle et, s'il doit s'investir, ce sera d'abord sur lui-même...Il a l'image de l'entreprise qui, dans un contexte économique difficile, ne s'engage plus vers les salariés...Il ne compte plus sur elle pour mener sa carrière, son objectif sera de développer ses compétences en multipliant ses expériences, afin de se valoriser sur le marché du travail" ("Les jeunes et le monde de l'entreprise", 11 février 2005, www.egf.ccip.fr).
Ce qui est dû est dû. Certains jeunes ne font pas d'heures supplémentaires, revendiquent tous leurs droits, et ne souhaitent pas que leur vie professionnelle interfère dans leur vie privée. La relation est donc donnant/donnant. Cette génération vit sur l'instant et ne développe pas toujours un projet professionnel. Elle y réfléchit, l'imagine, le construit et le valide une fois entrée dans la vie active. L'attachement à l'entreprise diminue, les jeunes adhèrent beaucoup moins aux politiques et restent très attachés à leur employabilité, notent certains DRH.
Avant, quand on entrait dans une entreprise, on avait l'idée d'une perspective, doublée d'une certitude de progresser. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. L'histoire a montré qu'il était devenu impossible de faire confiance à l'avenir. Même si l'entreprise est sincère, rien n'assure au salarié qu'elle ne sera pas rachetée, absorbée et demantelée contre son gré. Les jeunes n'hésitent donc plus à quitter leur enployeurs si ces derniers n'offrent pas les garanties attendues, ou si le poste ne leur convient pas. Les rapports au temps ont changé, on trouve un travail pour se payer un achat immédiat et après on le laisse.
Le temps où l'on entrait dans une entreprise pour y faire toute sa carrière est bien révolu. La confiance en l'entreprise capable d'assurer une relation de long terme avec ses salariés s'est érodés. Le risque, c'est que les jeunes d'aujourd'hui aient tendance, sur le marché de l'emploi, à "faire leur marché", à choisir l'entreprise qui présente, à l'instant "T", le meilleur compromis poste/perspectives d'évolution/salaire...quitte à en changer sans état d'âme, si une meileure opportunuité se présente ailleurs.


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